Lutherie violon

En septembre 2017, je commence les cours de lutherie violon à l’Académie de musique de Monaco, auprès du luthier Roberto Masini. J’avais envie d’apprendre un peu la technique et le maniement des outils pour améliorer mes bricolages. J’y allais 4 jours par semaine, après les cours donc j’avais au final très peu de temps à chaque fois : en moyenne une petite heure. C’est peu quand on travaille avec ses mains, mais c’était déjà très bien ! Seulement, ça n’avançait pas très vite. J’ai donc commencé un violon mais il sera fini par un autre élève, un jour peut-être :’)

Tout a commencé par la tête, un véritable travail de sculpture finalement ! C’est en suivant les conseils de mon professeur, ainsi que des modèles échelle un de Stradivarius répertoriés dans un livre que je commence les premiers d’une longue série de coups de canifs, gouges, ciseaux à bois et autres outils coupants… très coupants !

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Pour sculpter les tours de la tête, on dégrossit d’abord avec une scie et un ciseau à bois.

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Puis on tourne, on tourne, et on creuse à la gouge. Un chanfrein au canif vient casser les angles des tours et souligner la spirale jusqu’à l' »œil ».

À la gouge, toujours, on creuse des petits canaux au dos de la tête, jusqu’au premier tour .

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Enfin, dernier travail que j’ai effectué sur la tête : creuser l’emplacement des chevilles. Ça se fait au canif, au ciseau à bois et à la force des bras :’)

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On met la tête de côté pour s’attaquer au corps du violon. Comme je n’ai pas beaucoup de temps à chaque cours, mon professeur m’a proposé de reprendre le travail d’un ancien élève qui est parti avant d’avoir fini son instrument. Au moins je continue à apprendre, tout en avançant un violon mis de côté. C’est l’esprit récup’ qui refait surface ! 😀

Je reprends donc le travail du fond, en dégrossissant à la gouge la courbure de celui-ci.

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Mise à niveau du filet (les lignes noires qui font le tour de la table et du fond). On voit sur la photo précédente qu’il dépassait.

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Les copeaux s’accumulent, les courbatures aussi… Il est temps de passer au petit rabot puis au ratissoire pour affiner tout ça ! L’idée est d’arriver au même résultat que la table (en haut à gauche).

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Quand c’est fait, on passe de l’autre côté pour travailler le creux cette fois-ci ! C’est le moment de retrouver notre très chère gouge et un petit nouveau : le compas d’épaisseur pour mesurer… l’épaisseur du bois (qui ne devra faire plus que quelques millimètres au final).

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« Quelques » coups de gouge plus tard, on passe au petit rabot et au ratissoire pour affiner le tout.

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Quand c’est fait, on peut s’attaquer aux ouïes. Après avoir tracé leur emplacement, on vient tout doucement découper la plus grande partie avec une scie à chantournet (en forme de U, pour plus de liberté dans la découpe), puis on affine au canif.

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Arrive le travail de la barre d’harmonie, qui va venir se caler à peu près là où la pièce en bois est placée sur la photo. Encore une fois un travail long et précis : il va falloir qu’elle épouse parfaitement la courbe de la table. Elle aide le violon à vibrer et à résister à la pression des cordes.

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Quand la barre d’harmonie se cale enfin à la table, on a le feu vert pour coller ! Heureusement que mon professeur était là pour m’aider, parce que c’est vraiment pas évident : un coup de rabot en trop et c’est reparti pour quelques heures d’ajustement !

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Une fois collée, il reste encore à affiner le tout : pour que ce soit moins lourd, pour un meilleur son, et (même si ça ne se verra pas) il faut avouer que c’est plus élégant !

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À ce stade, on peut dire que la table est terminée. On peut la mettre à côté de la tête en attendant de finir les autres pièces de l’instrument. Prochaine étape : le fond. C’est reparti pour une séance de travail des biceps ! Il va falloir le creuser pour lui donner sa courbure finale (comme ça a été fait avec la table). Dégrossir à la gouge, ajuster au petit rabot et finaliser au ratissoire. Le tout en surveillant l’épaisseur du bois, bien sûr !

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Voilà, je n’ai pas beaucoup plus avancé le violon cette année, mais qu’est-ce que j’ai appris ! Je ne pourrai pas continuer une année de plus, faute de temps disponible, mais je garde tous ces précieux conseils en tête pour de prochaines rencontres avec du bois 🙂

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