Banjolélé

Alors oui, ce nom existe, cet instrument même, existe : c’est un ukulélé avec un corps de banjo 🙂

Tout a commencé l’été dernier (2017) dans un vide grenier où je déniche un vieux tambourin. Et là c’est le coup de foudre : après trois tours d’hésitation, je repars avec !

Quelques semaines avant, un luthier m’avait généreusement fait dont d’un morceau d’acajou dans lequel je me voyais bien creuser un manche d’ukulélé.

Ni une ni deux, je commence à rêver un banjolélé à partir de ces matériaux, puis à en dessiner les plans.

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Vient le moment où je me lance, première découpe, premier dilemme : comment assembler le manche et le tambourin ? Avec de la colle ? Non c’est pas assez résistant face à la tension des cordes… Et puis, depuis l’incident de mon tout premier ukulélé, je veux du solide ! Du coup l’idée est de faire en sorte qu’il s’emboîte dans les fentes situées sur le tour du tambourin. Le manche prend alors cette forme :

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C’est encore très carré, mais au moins ça fonctionne ! Je commence à lui donner des formes, notamment celle de la tête, inspirée bien sûr, de celle d’un banjo.

Je continue de sculpter le manche en arrondissant un peu le tout. Ici on voit un peu à quoi va ressembler la forme générale, et comment le tout s’emboîte.

Vient l’instant « collage » : collage de la touche, sur laquelle on joue, ainsi que d’un petit morceau de bois qui fera tenir le manche.

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Puis l’instant « je-m’amuse-avec-le-bois » pour ce qui est du fond qui viendra fermer le tambourin. Une envie de creuser, de jouer avec les feutres, les pastels et le vernis. C’est aussi le grand retour du bois de cagette ! Que veux-tu, quand on joue la carte de la récup’, il faut y aller jusqu’au bout ! Du coup, pour pousser le délire à fond : un poulpe.

J’installe les mécaniques et commence à tailler le chevalet (côté corps) ainsi que le sillet (côté tête) qui viendront accueillir les cordes.

Je finis la touche en y installant les frettes : ces petites barres métalliques qui délimitent les cases où poser les doigts.

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Le banjolélé n’est pas encore fini, mais je lui ai confectionné un étui pour le protéger un peu et pouvoir le transporter plus facilement. Un pantalon trop petit, des restes de rideau, du carton… Sa nouvelle maison !

Nouvelle difficulté : le cordier. Comment accrocher les cordes sur le tambourin ? Quelle genre de pièce ferait l’affaire ? En bois ou en métal ? Collée ou vissée ? Avec les conseils de mon professeur de lutherie, j’ai finalement opté pour un cordier inspiré de ceux des violes. Il est constitué de deux pièces indépendantes qui s’emboîtent, la pièce supérieure tenant uniquement grâce à la tension des cordes. La pièce inférieure, elle, est taillée comme un puzzle qui vient s’incruster dans les formes du tambourin et est collée.

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Et voilà ! Mission réussie : le manche est solide, la peau n’a pas cédé et je peux en jouer. Une petite couche de vernis pour faire ressortir la jolie couleur de l’acajou et le tour est joué !

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Si tu veux écouter un peu ce que ça donne :

Allez, une dernière photo en attendant la prochaine expérience de lutherie !

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